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Réfléchir c’est mal …

Je dis parfois avec espièglerie que réfléchir c’est mal … laissez moi vous expliquer.

Comme la plupart de mes idées, je l’ai piochée ailleurs. Ici en l’occurrence page 13 de ce monument de BD qu’est l’ouvrage « Les nouveaux centurions – donjon crépuscule tome 105″ , dessin : KERASCOËT, scénario : SFAR et TRONDHEIM (et oui, on a les références qu’on peut). Voici donc que Marvin Rouge tente d’expliquer aux moines dragon comment voler avec les sortes de canons qu’ils ont fixé a leur poignets et intégrés dans leur nouvelles armures. (cliquez sur les images pour les voir en grand)

Ca a l’air idiot mais justement REFLECHISSONS un peu à ce que Marvin vient de dire.

  1. il a toujours volé instinctivement ou poussé par la nécessité,
  2. il n’a pas planifié, anticipé cette pratique, il l’a juste mis en oeuvre naturellement,
  3. il explique qu’il ne faut surtout pas intellectualiser cette démarche : réfléchir c’est mal.

La suite est assez édifiante et on constate ici toute la profondeur de Marvin.

Il nous explique :

  1. qu’on peut se lancer sans savoir exactement ce qui va se passer (on va décoller après on voit !),
  2. qu’il ne sert à rien de psychoter sur un éventuel échec, en cas de problème on corrige,
  3. que de toute façon si on se plante c’est pas grave, on en a vu d’autres et on est bien protégé de toute façon (là Marvin exagère un peu non ?).

En fait Marvin fait la critique du OVERTHINKING. Un peu comme Barney dans HIMYM (se moquant gentiment de Ted).

Lily: Don’t Ted-out about it.
Ted: Did you just use my name as a verb?
Barney: Oh, yeah, we do that behind your back. « Ted-out »: to overthink. See also « Ted-up ». « Ted-up »: to overthink with disastrous consequences. For example, « Billy Tedded-up when he- »
Ted: All right, I get it!

(toute mes excuses pour cette digression)

A titre professionnel, j’applique la doctrine de Marvin assez régulièrement, alors que mon éducation me pousse à faire l’inverse : avant de rédiger une rédaction on fait un plan, il faut lire le manuel avant d’assembler sa boite de légo, tourne sept fois la langue dans ta bouche avant de parler … C’est du bon sens.

Pourtant, face à des problématiques très complexes il est tout simplement impossible de planifier l’ensemble. Il est quasi certain que le résultat sera faux. (j’ai personnellement pratiqué la planification de projet à haute dose en SSII et j’étais plutot considéré comme bon dans cet exercice ; d’expérience, je peux affirmer qu’au delà de 100 jours homme la prévision est fausse, ce sont les capacités du chef de projet à cadrer le client qui assureront la tenue budgétaire du projet). Une stratégie plus efficace in-fine est de se mettre en position de démarrer le plus vite possible dans les conditions les moins mauvaises. Ainsi, quand des consultants fonctionnels me demandent jusqu’où faut-il aller dans les spécifications, je réponds : « le minimum pour que les développeurs puissent démarrer ».

Pire, anticiper tous les futurs problèmes, s’assurer qu’on sait à l’avance comment tout va se passer dans les moindres détails peut même bloquer un démarrage, l’ampleur de la tâche à venir paralysant chaque tentative. Au final, tout cet effort de prévision (étude, synthèse, note de cadrage, réunions, …) n’aura été que du temps perdu.

Démarrez !

Vu ce que m’a appris Simon Sinek (quoi ! vous ne connaissez pas Simon Sinek), si nos actions ont un sens permettant d’atteindre un but clair, compris et accepté, il vaut mieux se fier à ses tripes et réfléchir le moins possible. Allez ! on y va.

décider ?

En moyenne, le temps gagné par la prise de décision et son application par les hommes/femmes sur le terrain, compense très largement une éventuelle sous-qualité de la décision. Décidez vite d’objectifs, laissez les gens du terrain faire le concret à leur guise.

De toute façon plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a d’oxygène donc moins il y a de chance de trouver de la vie. Il ne faut pas attendre que la direction ait réponse à tout !

J’ai parfois demandé à des gens :
– « tiens, comment vous faites pour faire si bien ces travaux ? »
– « ha ben j’y ai jamais réfléchi ! »
Conclusion : réfléchir, c’est mal !!!!

Et pour finir, je sais pas pourquoi, je citerais bien l’histoire des rameurs.

Mais qu’est ce qu’y m’arrive ce soir ?